Mythe du papyrus fragile

Les chrétiens prétendent que les textes anciens écrits sur des papyrus ont disparu parce que le papyrus se désagrégeait facilement, et que les moines copistes n’ont pas réussi à tout sauver en copiant sur du parchemin en peau de bête.

Fonction du mythe

Le mythe permet de couvrir la responsabilité des chrétiens dans les grandes destructions des écrits. La disparition de la quasi-totalité de notre culture écrite serait donc le fait de la fragilité du papyrus et non de destructions volontaires.

Incohérences du mythe

  • Dans la ville d’Herculanum enfouïe par l’éruption du Vésuve, la maison des papyrus a permis de retrouver une importante réserve de papyrus, dans ce lieu préservé des autodafés chrétiens.
  • Le papyrus était utilisé pendant le haut moyen-âge, et le papier commence à être utilisé en europe au XIIe siècle. Le parchemin n’a été qu’un intermède hors de prix et non nécessaire.
  • En Sicile, il pousse une plante appelée papeto, qui est très similaire à la plante égyptienne utilisée pour fabriquer du papyrus. L’argument des routes commerciales coupées à cause de l’islam ne tient pas pour expliquer la disparition de l’usage du papyrus.
  • Les papyrus sont si peu fragiles qu’ils peuvent être grattés et ré-utilisés en palimpsestes.
  • Des papyrus vieux de 3000 ans ont été retrouvés dans des tombes égyptiennes, mais on ne retrouve pas de papyrus antiques en méditerranée, même dans les endroits secs.
  • Le parchemin coûtait cher, et copier une Bible complète demandait la peau de 650 moutons. Prétendre qu’on ne peut pas faire techniquement autrement était un moyen parfait pour dissuader les européens d’écrire.
  • On a retrouvé du papyrus resté parfaitement blanc, ce qui en fait un matériau plus résistant que bien des papiers modernes.
  • Les romains n’auraient jamais mis tous leurs actes notariés, leurs registres, leurs documents administratifs et leurs correspondances sur du papyrus si il avait été fragile.
  • La bibliothèque de Pergame est connue pour avoir rivalisé avec la bibliothèque d’Alexandrie, au point que Ptolémée V avait interdit d’exporter des papyrus vers Pergame pour limiter cette concurrence. Le mythe de la fragilité du papyrus est souvent soutenu par l’idée qu’en Italie et en Grèce, le papyrus se désagrège. Mais comment peut-on croire qu’à Pergame en Turquie, il soit très facile à conserver au point d’y situer une bibliothèque aussi importante, mais que juste de l’autre côté de la mer en face en Grèce, il soit impossible de le conserver ?
  • Le parchemin n’est pas une invention récente mais existait bien avant l’époque d’Horace : « Les anciens écrivaient quelquefois sur des peaux d’animaux préparées ». Les bibliothèques de luxe n’auraient pas utilisé du papyrus s’il avait été si fragile, alors qu’ils connaissaient le parchemin. Il ne reste pas de parchemin datant du reigne des douze césars.
  • Le parchemin étant connu pendant l’antiquité, il est étonnant qu’on n’ait pas plus retrouvé de parchemins que de papyrus, si les parchemins étaient résistants et que les papyrus n’ont été détruits que par le temps.
  • Si le papyrus était utilisé pour des documents temporaires, il est étonnant

Mythes liés

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