Saccage de Constantinople

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La quatrième croisade est une campagne militaire qui fut lancée de Venise en 1202. Levée en prétextant que le but était de reconquérir les lieux saints sous domination musulmane, elle aboutit à la prise et au pillage de la ville byzantine de Constantinople par les croisés. L’Empire byzantin, qui défendait depuis 6 siècles l’Europe des invasions musulmanes, sera démantelé et ne s’en remettra jamais vraiment. Ses restes finiront écrasés 2 siècles plus tard par les Turcs.

Une attaque commanditée par le clergé catholique

Le clergé catholique encourage les croisés à assiéger Constantinople. Leur argument selon lequel l’attaque de Constantinople est d’ordre spirituel s’appuie sur deux thèmes.

Le langage ecclésiastique incendiaire utilisé affirme que « Les Grecs sont pires que les Juifs » et invoquent l’autorité de dieu.

Massacres, pillages et destruction de l’art grec par les croisés

En 1204, les croisés pillent et brûlent Constantinople pendant trois jours au cours desquels de nombreuses œuvres grecques et romaines anciennes et médiévales sont détruites ou volées, les sanctuaires et les palais étant pillés. Le montant total pillé à Constantinople était d’à peu près 900 000 marcs d’argent, que les croisés se répartissent, la noblesse gardant secrètement les deux tiers. Le massacre de la population est tel qu’il choque une partie des barons croisés.

Geoffroi de Villehardouin, maréchal de Champagne témoigne que ce fut « le troisième feu qu’il y eut en Constantinople depuis que les Francs vinrent au pays, et il y eut plus de maisons brûlées qu’il n’y en a dans les trois plus grandes cités du royaume de France. » Tandis que l’incendie fait rage, le pillage, le viol et le massacre se déchaînent trois jours entiers. Le butin fut si grand, d’après lui, que nul ne saurait dire le compte d’or et d’argent, de vaisselle et de pierres précieuses, de satin et de drap de soie, d’habillement de vair, de gris et d’hermine, et de tous les riches biens qui jamais furent trouvés sur terre. Il rajoute que jamais, depuis que le monde fut créé, il n’en fut autant gagné en une ville.

L’historien grec Niketas a décrit les scènes inouïes de violences et de rapines dont Constantinople fut alors le théâtre : « Ces barbares n’ont usé d’humanité pour personne. Ils ont tout saisi, tout enlevé ». Il les montre entrant dans les églises avec des chevaux et des mulets pour emporter les vases sacrés, arrachant des chaires, des pupitres et des portes les ornements de métal précieux qui les couvraient. Il s’indigne surtout de voir avec quel mépris les croisés traitent les objets d’art, les chefs-d’œuvre de la sculpture antique, entassés dans les palais, sur les places, et dans la grande église de Sainte-Sophie, musée incomparable, les statues de bronze les plus précieuses sont fondues et monnayées par ces vandales : tout ce qui n’a pas de valeur vénale est détruit ou jeté au feu. Et le Grec énumère les pertes immenses que l’art a subies dans la catastrophe.

Mythe lié

 

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